Histoire du Corps de cadets 2671 de Trois-Rivières, depuis 1961
Des cadets de l'Armée à Trois-Rivières depuis 1961
Le Corps de cadets 2671 accueille les jeunes de 12 à 18 ans de Trois-Rivières et de la région depuis 1961. Né au sein du régiment de Trois-Rivières, aujourd'hui le 12e Régiment blindé du Canada, il se réunit toujours au manège militaire Général-Jean-Victor-Allard, la maison mère du régiment, rue Saint-François-Xavier.
Son nom officiel, « Corps de cadets royaux de l'Armée canadienne, 2671 12e Régiment blindé du Canada », résume son identité : un corps des Cadets royaux de l'Armée canadienne qui porte le nom du régiment blindé de Trois-Rivières. On le désigne souvent plus simplement « CC 2671 12e RBC ».
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1961 : un corps de cadets né au régiment
En 1960, le lieutenant-colonel Roland Gauthier, commandant du Régiment de Trois-Rivières, le major-général Jean-Victor Allard et le capitaine C.-E. Laurencelle s'étonnent qu'il n'existe aucun corps de cadets au régiment. Grâce aux démarches du lieutenant-colonel Gauthier à Ottawa, la formation du corps est autorisée le 21 mars 1961, sous le numéro 2671. Le 19 avril, Gauthier l'annonce officiellement : la direction du régiment tient à « préparer la relève ».
Le corps, qui comptera au plus 130 membres, s'adresse aux garçons de 14 à 18 ans. Il s'entraîne chaque samedi matin, de 9 h à 11 h, dans la grande salle du manège, où les inscriptions s'ouvrent le 22 avril 1961. Au programme : le maniement de la carabine de calibre .22 et le tir, la lecture de la carte militaire, les premiers soins, la radio (TSF) et, selon les aptitudes de chacun, le corps de clairons ou la musique. Les meilleurs cadets peuvent obtenir un séjour de deux mois au camp de Farnham, assorti d'une prime de 100 dollars.
Fait peu commun, l'instruction est confiée à des enseignants plutôt qu'à des militaires de carrière. Les premiers officiers du corps sont le capitaine Jean Bonin, les lieutenants Georges Hamelin, Jean Morin et Benjamin Poliquin, tous professeurs à l'Académie de La Salle, et le sous-lieutenant Charles Labbé, de l'Institut de technologie. Le capitaine Bonin en est le premier officier responsable.
Le corps s'inscrit dans un mouvement plus large : au cours des années 1950 et 1960, les corps de cadets ouverts à tous les jeunes et installés dans les manèges de la milice se multiplient au pays. Dix-sept ans après la fondation du 2671, en 1978, la Ville de Trois-Rivières accordera d'ailleurs à son régiment le droit de cité.
Les années 1960 : un corps qui grandit
En septembre 1962, le lieutenant Charles Labbé, professeur de chimie à l'Institut de technologie, succède au capitaine Bonin à la tête du corps. Plus de 70 garçons de 14 à 18 ans sont alors inscrits; ils se réunissent le vendredi soir, de 19 h à 21 h, au manège. En novembre 1963, une collecte de porte en porte permet de doter le corps de clairons et de tambours; le lieutenant-colonel Gauthier est le premier donateur.
Les résultats suivent. En mai 1966, le corps reçoit, pour la troisième année consécutive, un trophée d'efficacité militaire, celui de 1964-1965. À l'automne 1966, les inscriptions atteignent 125 jeunes, 50 % de plus que l'année précédente, et le régiment offre aux cadets des cours de conduite de véhicules militaires et de transmissions.
Devenu major, Charles Labbé quitte le commandement en septembre 1969 pour aller enseigner à Sfax, en Tunisie. Le Nouvelliste souligne qu'il a doublé l'effectif du corps. Le lieutenant-colonel Richard Duquet, commandant du 12e RBC, lui remet l'insigne du régiment.
Les années 1970 : les premières cadettes et le club Kiwanis
Vers 1969, le major Georges Hamelin, l'un des officiers fondateurs de 1961, prend le commandement du corps; il le dirige encore en 1980. Son mandat commence en force : le corps remporte le trophée Strathcona 1969-1970, remis au meilleur corps de cadets de l'Est du Québec pour l'efficacité des exercices militaires. En mai 1971, l'inspection annuelle souligne le 10e anniversaire du corps, l'année même du 100e anniversaire du régiment. Au printemps 1972, on calcule que plus de 400 cadets du 2671 ont déjà séjourné dans des camps partout au Canada, de Valcartier à Gagetown, Ipperwash, Banff et Vernon, et certains jusqu'aux Antilles.
Le 8 septembre 1972, pour la première fois de son existence, le corps ouvre ses rangs aux jeunes filles de 13 à 18 ans, avec un programme qui leur est propre, trois ans avant que la loi n'ouvre officiellement les cadets aux filles partout au pays. Au printemps 1973, une quarantaine d'entre elles ont répondu à l'appel.
En mai 1975, le club Kiwanis de Trois-Rivières devient officiellement le parrain du corps. Le 30 avril 1976, c'est le général Jean-Victor Allard lui-même, alors colonel du 12e RBC (Milice), qui procède à l'inspection annuelle.
En 1977, le 2671 est jugé le meilleur corps de cadets de l'Est du Québec pour l'efficacité générale et reçoit de nouveau le trophée Strathcona. La cadette qui dirige alors le corps est présentée par Le Nouvelliste comme « la première fille à diriger un corps de cadets ». La même année, un cadet du 2671 est le seul Québécois choisi pour l'équipe canadienne de tir à Bisley, en Angleterre.
En 1979, le corps reçoit le trophée « Runner up » de la meilleure unité de cadets de l'Armée du Québec pour l'année 1978.
1980 : la fanfare du 2671 à Banff
À la fin des années 1970, le corps compte une fanfare réputée. En février 1980, le 2671, « affilié au 12e RBC (M) et parrainé par le club Kiwanis », accueille les jeux d'hiver régionaux des cadets de l'Armée de la Mauricie, qui réunissent environ 250 cadets au son de sa musique.
Au début de l'été, sa fanfare est reconnue comme le meilleur groupe musical de cadets du Québec. Elle est choisie pour représenter tous les cadets du Canada au premier camp national des cadets de l'Armée, à Banff : du 4 juillet au 18 août 1980, une trentaine de ses musiciens donnent des concerts à Lake Louise, à l'hôtel Banff Springs, à Jasper et au Stampede de Calgary.
En décembre 1980, le corps remporte une fois de plus le trophée Général-Jean-Victor-Allard, remis chaque année au meilleur corps de l'Est du Québec en tir à la carabine de calibre .22.
Les premiers commandants
- 1961-1962 – Capitaine Jean Bonin, professeur à l'Académie de La Salle.
- 1962-1969 – Lieutenant, puis major Charles Labbé, professeur à l'Institut de technologie.
- Vers 1969 à 1980 au moins – Major Georges Hamelin, l'un des officiers fondateurs de 1961.
Vous connaissez la suite? Aidez-nous à compléter la liste des commandants du 2671 depuis 1980.
Les cadets de l'Armée : une tradition née au XIXe siècle
Le 2671 fait partie des Cadets royaux de l'Armée canadienne, dont l'histoire remonte au XIXe siècle. Dès les années 1860, des écoles forment des associations d'exercice pour initier les garçons à l'instruction militaire. En 1879, un ordre général de la milice autorise officiellement ces associations dans les établissements d'enseignement : c'est la naissance officielle des cadets de l'Armée au Canada.
- En 1942, le roi George VI leur accorde le titre « royal » et en devient le colonel en chef.
- En 1971, la Ligue des cadets de l'Armée du Canada est fondée pour soutenir les corps partout au pays, en partenariat avec les Forces armées canadiennes.
- En 1975, une modification de la loi remplace le mot « garçons » par « personnes » : les filles peuvent désormais devenir cadettes.
Aujourd'hui, le programme est gratuit. Il est offert par les Forces armées canadiennes en partenariat avec la Ligue des cadets de l'Armée du Canada, et chaque corps compte sur un comité de soutien formé de bénévoles de sa communauté. Les cadets ne sont pas membres des Forces armées canadiennes, et aucune carrière militaire n'est attendue d'eux.
Le 2671 aujourd'hui
Chaque mercredi soir, de septembre à mai, les cadets du 2671 se retrouvent au manège pour l'instruction : leadership, exercice militaire, citoyenneté, techniques de campagne et expéditions. Le répertoire officiel des unités de cadets associe aussi au corps trois programmes d'activités : le biathlon, la musique et le tir de précision.
Le 2671 partage son manège, et bien plus, avec l'Escadron 772 Vanier des cadets de l'Air. Les deux unités tiennent leur revue annuelle ensemble, organisent des portes ouvertes communes, comme en janvier 2020, et sont appuyées par un même comité de soutien : deux unités, une force.
Le 13 mai 2026, la revue annuelle du 2671 et du 772 a aussi marqué le 65e anniversaire du corps de cadets. La Ligue des cadets de l'Armée (Québec) y a remis un certificat d'honneur à la présidente du comité de soutien.
Dates clés
- 1879 – Un ordre général de la milice autorise les associations d'exercice dans les établissements d'enseignement : naissance officielle des cadets de l'Armée.
- 1905-1906 – Construction du manège militaire de Trois-Rivières.
- 1942 – Le roi George VI accorde le titre « royal » aux cadets de l'Armée.
- 21 mars 1961 – Autorisation du Corps de cadets 2671, formé au sein du Régiment de Trois-Rivières à l'initiative du lieutenant-colonel Roland Gauthier.
- 22 avril 1961 – Premières inscriptions au manège.
- Septembre 1962 – Le lieutenant Charles Labbé succède au capitaine Jean Bonin.
- 2 mai 1968 – Le Régiment de Trois-Rivières devient le 12e Régiment blindé du Canada.
- Vers 1969 – Le major Georges Hamelin prend le commandement du corps.
- 1969-1970 – Trophée Strathcona du meilleur corps de l'Est du Québec pour l'efficacité des exercices militaires.
- 1971 – 10e anniversaire du corps; fondation de la Ligue des cadets de l'Armée du Canada.
- 8 septembre 1972 – Le corps accueille ses premières cadettes.
- 1975 – Le club Kiwanis de Trois-Rivières devient le parrain officiel du corps; la loi ouvre les cadets aux filles partout au pays.
- 30 avril 1976 – Le général Jean-Victor Allard préside l'inspection annuelle.
- 1977 – Meilleur corps de l'Est du Québec pour l'efficacité générale et nouveau trophée Strathcona.
- 1978 – Trois-Rivières accorde le droit de cité au 12e Régiment blindé du Canada.
- Été 1980 – La fanfare du 2671 représente les cadets du Canada au premier camp national des cadets de l'Armée, à Banff.
- Novembre 2000 – Le manège devient le Manège Général-Jean-Victor-Allard, en l'honneur du général Jean-Victor Allard.
- 15 janvier 2020 – Portes ouvertes conjointes du 2671 et du 772 au manège.
- 13 mai 2026 – Revue annuelle et 65e anniversaire du corps.
Sources
Cette page a été rédigée à partir des sources suivantes :
Le Nouvelliste, articles sur le Corps de cadets 2671 (BAnQ numérique) : 24 septembre 1962, 28 novembre 1963, 4 mai 1966, 16 septembre 1966, 20 septembre 1966, 9 septembre 1969, 12 janvier 1971, 1er mai 1971, 27 avril 1972, 8 septembre 1972, 30 avril 1973, 5 mai 1975, 5 mai 1976, 7 novembre 1977, 6 février 1979, 23 février 1980, 30 juin 1980, 23 juillet 1980, 29 décembre 1980
Défense nationale, fiche d'information sur l'admission des filles dans les cadets (1975)
Défense nationale, histoire du programme des cadets (en anglais)
Ligue des cadets de l'Armée du Canada (en anglais)
Ligue des cadets de l'Armée (Québec), « Remise d'un certificat d'honneur à une bénévole » (2026)
Direction – Histoire et patrimoine, lignée officielle du 12e Régiment blindé du Canada
Le Nouvelliste, « Portes ouvertes aux cadets » (14 janvier 2020)
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